Une rémunération pour les proches aidants

Politique nationale de soutien à domicile... Des proches aidants québécois pourront désormais être rémunérés pour prendre soin de leur conjoint, leur parent ou leur enfant malade, handicapé ou en perte d’autonomie. Si elle est saluée, cette mesure phare de la nouvelle Politique nationale de soutien à domicile de Québec en laisse plusieurs sur leur faim.

Marie-Ève Cousineau, La Presse
January 30, 2026

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, également ministre responsable des Services sociaux et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, a présenté la politique Mieux chez soi jeudi à Montréal, en compagnie de son adjointe parlementaire pour les Services sociaux, Shirley Dorismond. La députée caquiste Marilyne Picard, qui défend la cause des proches aidants, était aussi présente.

Il s’agissait de la première annonce officielle de Sonia Bélanger en tant que ministre de la Santé. Sa nouvelle politique prévoit la « modernisation » du « chèque emploi-service », rebaptisé « allocation d’autonomie à domicile ».

À l’avenir, des proches aidants pourront être rémunérés au même titre que les travailleurs d’aide à domicile. Les critères pour obtenir cette rémunération n’ont toutefois pas été dévoilés lors de la conférence de presse.

« Les proches aidants, dans certaines situations et après évaluation, pourront être reconnus comme prestataires de services à l’allocation d’autonomie à domicile », a dit la ministre Sonia Bélanger. « C’est une avancée importante. C’est un changement majeur. »

Ces proches aidants obtiendront la même rémunération que les travailleurs d’aide à domicile. Sonia Bélanger a annoncé une hausse salariale pour ceux-ci.

« Nous augmentons le salaire horaire offert de 20 $ à 21 $ l’heure », a-t-elle indiqué.

Pour mettre en place ces deux mesures, Québec bonifie le financement de l’allocation d’autonomie à domicile (1,1 million dès maintenant et un montant supplémentaire de 22,2 millions l’an prochain) ainsi que l’enveloppe de rémunération des travailleurs d’aide à domicile (financement total de 2,4 millions, porté à 15,7 millions par la suite).

Les CLSC, une porte d’entrée

La nouvelle politique nationale de soutien à domicile fait des CLSC la porte d’entrée des services. Les aînés n’auront qu’à s’y présenter pour être pris en charge et obtenir l’aide nécessaire, selon Québec. Un projet pilote a été mené dans six CLSC jusqu’à présent. « Notre objectif, c’est que d’ici la fin de l’année, l’ensemble des CLSC puissent offrir ces services-là », a affirmé la ministre Sonia Bélanger.

Québec veut aussi renforcer son partenariat avec les entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EESAD). Il fait passer de 21,3 millions à 39,3 millions l’enveloppe annuelle du Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique, qui permet aux citoyens d’obtenir une réduction du tarif horaire pour des services à domicile offerts par une EESAD.

Réactions en demi-teinte

Paul G. Brunet, président du Conseil pour la protection des malades, se réjouit de cette nouvelle politique. « C’est intéressant, surtout pour la compensation aux proches aidants. Enfin ! »

Des proches aidants réclament depuis longtemps un salaire pour le travail qu’ils accomplissent auprès d’un proche. Geneviève Coutu, qui s’est occupée de son conjoint atteint de l’alzheimer jusqu’à sa mort en novembre, a lancé une pétition déposée à l’Assemblée nationale en septembre. Plus de 7100 personnes l’ont signée. Elle doit se rendre à Ottawa la semaine prochaine lors du dépôt au Parlement canadien d’une autre pétition, comptant plus de 16 000 signatures.

Geneviève Coutu salue la politique nationale de soutien à domicile de Québec, mais estime que celle-ci ne va pas assez loin. Elle souhaite savoir combien d’heures des proches aidants seront rémunérées.

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